Nous vivons une époque révélatrice.
Nous sommes en 2016, et le gouvernement socialiste s’apprête à réformer le code du travail. Cette réforme, dans son état actuel, organise une régression nette de la protection des travailleurs
[1], [2], [3].
Ainsi, le gouvernement veut avancer dans la direction inverse de celle voulue à priori par ses électeurs.
Il semble que les gouvernements qui se succèdent depuis déjà bien longtemps appliquent grosso modo la même politique, quelque soit le programme politique présenté lors des campagnes électorales.
Il n'y a pas vraiment de mystère à cela. La raison en est même limpide: les traités européens signés par les gouvernements français successifs leur laissent de moins en moins de marges de manoeuvre. Ces traités contiennent en effet un grand nombre de mesures à respecter, et celles-ci sont très contraignantes. Il est bien sûr encore possible de légiférer sur certains points, comme le mariage pour tous, mais les grandes lignes politiques ont déjà été fixées par les traités.
Il est possible de déplorer cet état de fait, mais ce n'est pas l'objet de cet article. Au contraire, nous allons nous en réjouir, car il permet de jeter un éclairage cru sur la relation entre élections et démocratie.
L'opinion commune voudrait que, étant donné l'existence du suffrage universel en France, nous soyons en démocratie.
Rappelons donc brièvement la logique démocratique censée découlée de l'existence de ces élections.
Les électeurs prennent connaissance des différents programmes proposés par les différents partis et élisent le parti et le programme le plus proche de leurs propres convictions politiques. Ensuite, les élus mettent ce programme en application.
C'est simple, c'est beau, c'est propre.
Sauf que, tout le monde peut le constater désormais, cela ne marche pas.
En 2012, un gouvernement socialiste est élu en France. Mais il n'applique pas un programme socialiste. Si les élections assuraient une démocratie, et que les dirigeants socialistes soient devenus les représentants de leurs électeurs, que ce serait-il passé ? le gouvernement aurait tenté de réformer l'Union Européenne, puisque celle-ci édicte des contraintes réglementaires qui ne peuvent que dégrader la protection sociale des français (
voir ici). Pour réformer l'UE, il fallait commencer par rencontrer les 27 gouvernement des autres états membre de l'UE, et les convaincre un par un de changer le contenu des traités européens, une lourde tâche, puisqu'il faut que la totalité des états membres donnent leur accord pour qu'un changement des traités puisse avoir effectivement lieu. Mais les dirigeants socialistes n'ont strictement rien fait. Ils n'ont même pas essayé de faire semblant, ils n'ont vraiment rien fait. Ils ont donc très largement trahi la promesse éléctorale du président Hollande de renégocier les traités européens.
Ils n'ont donc pas représenté leurs électeurs sur un point absolument capital.
Les électeurs n’ont en réalité aucun pouvoir sur la politique menée par les gouvernements qu’ils ont élus, simplement parce que les élus n'ont aucun compte à rendre à leurs électeurs pendant leur mandat. Avant les élections, les candidats disent bien ce qu'ils veulent, et après, une fois au pouvoir, ils font bien ce qu'ils veulent.
Pourtant, par définition, la démocratie est un régime politique où l’ensemble de la population devrait avoir le pouvoir de décider de la politique du pays.
Comme ce n'est pas le cas, on en déduit l'échec de la constitution actuelle à générer une réelle démocratie.
Sur une échelle de 0 à 10, 0 étant une dictature féroce, et 10 étant un régime éminemment démocratique, à combien pourrions-nous estimer le niveau de démocratie dans les pays dits démocratiques ? Peut-être 1. Peut-être 2, 3 ou 4. Mais pas zéro.
En effet, il existe tout de même des éléments démocratiques dans ces pays. Par exemple, il y a une séparation des pouvoirs. L’exécutif, le législatif, et le judiciaire sont entre les mains de différentes entités. Ainsi, le président de la République, malgré l’importance de ces pouvoirs, n’a pas le droit de mettre en prison un citoyen. C’est le système judiciaire qui jugera si ce citoyen doit ou ne doit pas aller en prison.
Il faut aussi tenir compte de la démocratie locale, par exemple dans les villes et villages, ou les maires peuvent être plus à l'écoute des citoyens que les responsables politiques nationaux.
De plus, il n'est pas possible d'affirmer qu'il n'existe aucun lien entre élections et démocratie. Il est évident d'une part qu'il existe des personnes de bonne volonté dans le personnel politique et soucieuses du contrat passé avec leurs électeurs, et d'autre part que les élus peuvent avoir envie d'être réélus, et donc soient enclins, au moins un peu, à satisfaire les attentes de leurs électeurs...
Il est donc parfaitement clair que le système des élections, qui permet de choisir ceux qui nous gouvernent, n'est pas suffisant pour mettre en place un régime démocratique.
Nous sommes donc dans une période idéale pour réfléchir à un ou des régimes politiques qui assureraient soit une vraie démocratie, soit une amélioration du système actuel.
Le site democratie-vraie.fr va donc travailler dans ce sens, proposant à la fois des pistes de réflexion concernant des solutions alternatives, et un regard critique sur le système actuel.
Les enjeux sont absolument colossaux. D'une manière très générale, les systèmes d'organisation des sociétés sont pilotés par des oligarchies, la démocratie n'étant encore que balbutiante dans notre monde actuel. Le résultat de l'action de ces "élites" est catastrophique et entraîne l'humanité vers sa destruction
[4], [5]. Il est temps que les citoyens, dans le monde entier, prennent la responsabilité de leur destinée.
Références
1.
↑ vidéo: Destruction du droit du travail, le grand renversement chaîne Youtube Osons Causer « C’est un retour spectaculaire aux normes du 19ème siècle. Parmi les propositions de François Hollande, médusés nous découvrons la fin des 11 heures consécutives de repos, la journée de travail de 12 heures ! Un grand bond social en arrière ! »
« Beaucoup de gens ont désormais compris le recul social et la destruction de leur vie quotidienne que constitue ce projet de loi sur le code du travail. »
« La planète est malade, et sa guérison semble de plus en plus incertaine. La pression exercée par l'humanité sur les écosystèmes est telle qu'il nous faut chaque année l'équivalent d'une Terre et demie pour satisfaire nos besoins en ressources naturelles, tandis que le déclin de la biodiversité est sans précédent. (...) l'indice planète vivante (IPV), mesure l'évolution de la biodiversité à partir du suivi de 10 380 populations (groupes d'animaux sur un territoire) appartenant à 3 038 espèces vertébrées de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons. Résultat : les effectifs de ces espèces sauvages ont décliné de 52 % entre 1970 et 2010. »
« 34mn15s/Qu'est ce qui permet à Daesh d'avoir une telle puissance financière ? (...) les paradis fiscaux. Il n'y aurait pas de capacité pour Daesh de blanchir l'argent du pétrole, si il n'y avait pas les paradis fiscaux. Il n'y aurait pas le formidable trafic d'armes mondial, qui représente selon les Nations Unies 20 fois les sommes qui permettraient de traiter la question des besoins vitaux de l'humanité - la faim, l'eau potable, les soins de base, le logement, je cite un rapport mondial sur le développement humain - si il n'y avait pas les paradis fiscaux. »