« Le traité de Maastricht agit comme une assurance-vie contre le retour à l’expérience socialiste pure et dure. »
Junker, janvier 2015 : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens.»
L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et internationale.
Références
« Si l’on postule, maintenant, que, la probabilité que les électeurs élisent une majorité de type « Front de gauche » ou de type « Front National » est de 15 % dans chaque État de l’UE (ce qui est un taux très, très largement surestimé), alors, la probabilité que les 28 États de l’Union européenne aient une politique unanime pour changer les traités européens dans le sens voulu par le « Front de gauche » ou par le « Front National » français est donc actuellement de (0,15)^28 = 2,84 x 10(puissance-23) = 0,000 000 000 000 000 000 002 845 chances sur 100. Soit l’équivalent probabiliste de 0,9 seconde tous les 10 trillions d’années (10 milliards de milliards d’années). C’est-à-dire qu’une telle occurrence n’a jamais eu l’occasion de se produire depuis la création de l’Univers »
2.
↑ Souvenons-nous des «promesses» formulées lors du traité Maastricht Marianne 08 Décembre 2011 « Devant cette impasse qui bloque toute possibilité pour la Grèce de recevoir une nouvelle tranche d'aide et a fortiori toute solution à la question de la dette, les deux parties se sont résolues le week-end dernier à Washington, en marge de la réunion du G20, à un compromis baroque comme le dossier grec en a beaucoup connu : pour obtenir le feu vert de ses créanciers, la Grèce devra s'engager à de nouvelles mesures d'austérité (...). Le montant, lui, est connu : 3,5 milliards d'euros supplémentaires, qui passeraient par de nouvelles coupes dans les retraites, une hausse des recettes de l'impôt sur le revenu, et une augmentation de la TVA sur l'essence par exemple... »
« L'Union européenne est décidément une étrange construction. Il est impératif d'être une démocratie pour y entrer. C'est même l'unique critère. Les élargissements hâtifs et désordonnés aux PECO (pays d'Europe centrale et orientale) opérés en 2004 et 2007 en furent une illustration. En revanche, une fois admis dans le club, requérir à son profit le respect des règles élémentaires de la démocratie est jugé avec sévérité, et donne le plus souvent lieu à des procès en «populisme». »
« Le député, dans le cadre d’une commission parlementaire, rédige un rapport sur une proposition de « texte législatif » présentée par la Commission européenne qui dispose du monopole de l'initiative normative. (remarque perso: remarquez bien le "e" qui est à la fin de "présentée". Cela veut dire que ce qui est présenté par la Commission, c'est la proposition. Le député peut ensuite faire un rapport et participer à la rédaction du texte de loi. La formulation est peu claire, mais au final, c'est la Commission qui initie la création des lois, pas le parlement.) L'initiative législative appartient à la Commission. Toutefois, le traité de Maastricht, renforcé en cela par le traité de Lisbonne, a accordé au Parlement européen un droit d'initiative législative qui lui permet de demander à la Commission de soumettre une proposition. (c'est assez sioux: le parlement peut proposer des lois, mais avant de passer au vote, il doit demander la permission à la Comission. Donc au final, c'est encore la Commission qui a le pouvoir.) »
« Il y a dix ans les Français disaient très nettement non (à 55% avec une participation de 70%) au Traité constitutionnel européen (TCE) lors du référendum du 29 mai 2005. Cette période d’intense implication citoyenne, à un moment charnière entre la fin de la chiraquie et le début de la sarkozye, aurait pu et dû être un levier pour l’émergence d’une gauche de transformation sociale. C’est-à-dire d’une gauche fidèle à sa mission historique.
(...)
Deux accrocs changèrent les données politiques.
(...)
La seconde fut la forfaiture démocratique que constitua l’adoption du traité de Lisbonne, copie quasi conforme du TCE rejeté, par la voie parlementaire. L’initiative du président Nicolas Sarkozy rencontra le soutien de nombreux parlementaires socialistes.
Dès lors la dynamique ainsi construite fut brisée. La participation électorale avait été élevée : aujourd’hui l’abstention devient le fait majeur chaque dimanche soir d’élection. La campagne avait été perçue comme un printemps démocratique joyeux : aujourd’hui la fatalité et la résignation règnent en maîtresses. La confiance dans l’action politique avait été régénérée : aujourd’hui le discrédit de la chose politique a repris le dessus. Le « non » de gauche avait été l’élément moteur de la victoire : aujourd’hui le FN prétend capter à son profit exclusif la critique du fonctionnement de l’Union européenne. La concurrence libre et non faussée que l’on prétendait graver dans le marbre avait été rejetée : aujourd’hui l’austérité est devenue la règle d’or que l’on applique sur le dos des peuples à l’égal d’un fer rouge.
L’impact de ce déni démocratique est considérable pour la gauche. Les politiques européennes de dessaisissement de la souveraineté populaire n’ont plus eu de limites : les digues ont été rompues. Même les fonctions les plus régaliennes sont affectées par des mesures de privatisation. La monnaie avec la sacralisation de l’indépendance de la Banque centrale européenne se situe hors de portée de la volonté politique. La politique fiscale est également corsetée : les impôts sur les hauts revenus, les entreprises et le capital étant quasiment proscrits au nom de la politique de l’offre et de la compétitivité, les gouvernements doivent opter pour l’augmentation de l’impôt injuste qu’est la TVA. La répartition des fruits de l’impôt, autrement dit la politique budgétaire, doit être validée par la Commission européenne en fonction de standards bien éloignés des valeurs de la gauche. Le grand marché transatlantique prévoit même une forme de privatisation de la justice : le recours à des arbitrages privés livrera les Etats à des intérêts particuliers. »